Comment Clear Channel Belgique a fait passer son réseau DOOH national de 75% à 99% de disponibilité
Trois ans à reconstruire l'opérationnel derrière chaque écran digital que les annonceurs voient vraiment en Belgique.

Clear Channel Belgique opère le plus grand réseau publicitaire digital out-of-home du pays. Quand les commerciaux vendent des impressions, ils vendent en réalité de la disponibilité. En 2016 le réseau digital national tournait autour de 75% — un écran sur quatre était soit éteint, soit figé, soit affichait la mauvaise création à un moment donné. En trente mois, nous avons reconstruit le modèle opérationnel autour des plateformes iConic et CityPlay, formé les équipes internes et partenaires sur Broadsign, et mis en place une procédure d'urgence pour les messages de la ville. La disponibilité est passée à 99% et y est restée, pendant qu'un nouveau réseau de 100 écrans City Play était déployé à Bruxelles.
Le contexte
Un opérateur DOOH ne vend pas vraiment des écrans : il vend des impressions livrées. Une disponibilité de 75% peut sembler correcte sur le papier, mais dans la réalité elle signifiait que Clear Channel sur-promettait son inventaire ou compensait les annonceurs dont la création avait été coupée en prime time. Pire, des écrans noirs dans les arrêts de tram et les rues à fort trafic sont ultra-visibles, et la ville attendait du réseau qu'il puisse diffuser des messages d'urgence à tout moment.
À mon arrivée comme Digital & Innovation Project Manager, l'opérationnel était réactif : les incidents étaient remontés par le terrain plus que par le monitoring, les mises à jour logicielles se faisaient écran par écran, et il n'existait pas de playbook commun entre les équipes Clear Channel, les opérateurs Broadsign et les partenaires techniques tiers qui maintenaient les écrans. Chaque événement (Tour de France, marathons bruxellois, alertes publiques) était géré comme une coordination ad hoc plutôt qu'une procédure répétable.
En plus de stabiliser les flottes iConic et CityPlay existantes, le business voulait croître : un nouveau réseau de 100 écrans City Play était déjà au planning. La transformation ne pouvait pas se faire au détriment de l'opérationnel.
L'approche
J'ai traité la disponibilité comme un KPI unique et porté plutôt qu'un effet collatéral du travail de plusieurs équipes. Le premier trimestre a servi à instrumenter ce qu'on avait vraiment : une vue par écran de l'uptime, de la version logicielle, du dernier ping, de l'état de la création. Une fois la perte de 25% rendue visible, les patterns sont devenus évidents — quelques modes de panne récurrents expliquaient l'essentiel du downtime.
Le travail est devenu structurel à partir de là. J'ai formalisé la procédure de mise à jour logicielle pour les flottes belges iConic et CityPlay pour qu'elle devienne une opération planifiée et à faible risque, au lieu d'une série d'interventions d'urgence. J'ai formé les équipes internes et les partenaires externes sur la plateforme Broadsign, puis je me suis positionné comme SPOC les jours d'événement, pour que la chaîne opérationnelle passe par une personne plutôt que par un patchwork de Slack et de téléphones. En parallèle, j'ai travaillé avec la Ville de Bruxelles pour mettre en place une procédure d'urgence sur les messages publics, ce qui a augmenté la valeur stratégique du réseau et forcé la fiabilité opérationnelle à suivre.
Le déploiement des 100 écrans bruxellois a été séquencé pour nourrir le modèle opérationnel. Chaque batch de nouveaux écrans était l'occasion d'affiner les scripts de déploiement, la coordination fournisseurs et la documentation de handover — le nouveau réseau a donc démarré aligné sur le standard de disponibilité plus haut au lieu de le tirer vers le bas.
Décisions clés
- Faire de la disponibilité un KPI unique et porté, suivi chaque semaine avec le GM — fini la dilution de la responsabilité entre les fournisseurs.
- Standardiser la procédure de mise à jour logicielle iConic et CityPlay pour qu'elle devienne routinière et réversible.
- Former équipes internes et techniciens partenaires sur Broadsign avec le même cursus, supprimant le gap de connaissances qui générait des reprises.
- Devenir le SPOC Digital lors des événements majeurs, pour que les partenaires externes aient un seul numéro à appeler.
- Co-construire avec la Ville de Bruxelles une procédure d'urgence sur les messages publics, transformant le réseau en infrastructure opérationnellement critique.
- Utiliser le déploiement des 100 écrans CityPlay comme forçage de documentation plutôt que comme projet parallèle.
Résultats
- →Disponibilité du réseau passée de 75% à 99% sur la flotte digitale nationale — et maintenue.
- →100 nouveaux écrans CityPlay déployés à Bruxelles sans dégrader les KPI du réseau historique.
- →Playbook de mise à jour logicielle reproductible documenté et transféré à l'équipe opérationnelle.
- →Procédure d'urgence avec la Ville de Bruxelles formalisée et testée.
- →Équipes internes et partenaires externes formés sur Broadsign au même niveau, supprimant la dépendance antérieure à un petit groupe de spécialistes.
Ce que j'en retiens
- ▸La disponibilité est portée par une personne, ou elle n'est pas portée du tout. Le premier levier n'était pas l'outillage — c'était la concentration de la responsabilité.
- ▸Les réseaux DOOH tombent par patterns. Une fois ces patterns visibles, 80% du boulot consiste à supprimer les causes récurrentes, pas à faire de l'incident response héroïque.
- ▸Former partenaires et équipes internes sur la même plateforme avec le même cursus est l'investissement de fiabilité le moins cher disponible.
- ▸Si le réseau devient critique opérationnellement (messages d'urgence ville), les sponsors business financent eux-mêmes le travail de fiabilité.
“Matthieu est comme un enfant dans une aire de jeux technologique ; il est passionné et curieux de tech et d'innovation 24/7. Avec un coeur en or et une attention constante portée au client, Matthieu est un atout pour n'importe quelle équipe.”
Un parc d'actifs digitaux qui devrait être plus fiable qu'il ne l'est ?
J'aide les équipes mid-market et entreprise en Belgique et en UE à reconstruire l'opérationnel derrière les réseaux digitaux, parcs endpoints et infrastructures IA. 30 minutes de découverte, sans pitch.