NVLink s'ouvre aux XPU tiers : d-Matrix branche ses Raptor sur l'infrastructure NVIDIA

14 septembre 2026
7 min
NVLink s'ouvre aux XPU tiers : d-Matrix branche ses Raptor sur l'infrastructure NVIDIA

Photo Thufeil M

C'est un petit séisme dans l'architecture des data centers IA. Selon le billet publié par NVIDIA Newsroom le 10 septembre 2026, d-Matrix — spécialiste des puces dédiées à l'inférence — va utiliser NVLink Fusion pour raccorder ses futurs XPU Raptor à l'écosystème NVIDIA. Concrètement : une puce qui n'est pas conçue par NVIDIA pourra communiquer nativement avec les GPU, le réseau et les racks du géant. Jusqu'ici, NVLink était le lien propriétaire qui soudait les GPU NVIDIA entre eux. Cette époque se termine.

Ce qui a été annoncé

D'après l'annonce officielle, d-Matrix connectera ses XPU Raptor de nouvelle génération à la plateforme d'infrastructure IA de NVIDIA via NVLink Fusion. Le périmètre est précis et il est large :

  • NVLink scale-up : l'interconnexion haute bande passante à l'intérieur du rack, celle qui fait communiquer les accélérateurs entre eux.
  • Spectrum-X scale-out : la couche réseau Ethernet de NVIDIA pour relier les racks entre eux à l'échelle du cluster.
  • L'architecture rack MGX : le châssis de référence modulaire de NVIDIA, qui devient ainsi capable d'accueillir des puces tierces.
  • La plateforme IA NVIDIA au sens large : logiciels, pile système et outillage associés.

Selon NVIDIA, d-Matrix rejoint « une liste croissante de partenaires de l'écosystème » — autrement dit, Raptor n'est pas un cas isolé, et NVLink Fusion se positionne comme un programme d'ouverture structuré, pas comme une exception.

Trois avantages concrets

  • Interconnexion hétérogène native. Un XPU d-Matrix peut dialoguer avec l'infrastructure NVIDIA sans passerelle maison ; pour l'exploitant de data center, cela supprime une couche d'intégration custom, source de latence et de bugs.
  • Spécialisation du silicium. Les Raptor sont pensés pour l'inférence ; selon l'annonce, ils se branchent sur le même tissu NVLink que le reste du rack, ce qui permet de mélanger puces d'inférence optimisées et infrastructure existante au lieu de tout racheter.
  • Un rack MGX ouvert. L'architecture MGX devient un standard d'accueil pour puces tierces, ce qui réduit le risque de lock-in total pour les acheteurs d'infrastructure.

Trois opportunités qui s'ouvrent

  • Pour les clouds européens et souverains : la possibilité de composer des racks mêlant GPU NVIDIA et XPU spécialisés pourrait, probablement, faire baisser le coût par token à l'inférence — le poste qui pèse le plus lourd en production.
  • Pour les fabricants de puces custom : NVLink Fusion dessine un chemin de commercialisation clair — concevoir une puce, la certifier sur l'écosystème NVIDIA, et s'adresser aux mêmes clients sans reconstruire toute la pile réseau.
  • Pour les builders d'infrastructure : les architectures MGX multi-accélérateurs deviendront vraisemblablement un terrain d'expérimentation pour les pipelines d'inférence à très gros volume, là où chaque watt et chaque microseconde compte.

Ce qui reste à vérifier

L'annonce ne précise ni calendrier de disponibilité des Raptor connectés en NVLink Fusion, ni conditions commerciales du programme pour les prochains partenaires. Les performances réelles d'un rack hybride — bande passante effective, comportement de la pile logicielle avec des puces tierces — restent également à démontrer sur le terrain.

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Sources

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    NVLink s'ouvre aux XPU tiers : d-Matrix branche ses Raptor sur l'infrastructure NVIDIA | Matthieu Pesesse